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L’assurance habitation va-t-elle devenir hors de prix avec le réchauffement climatique ?

Publié le 20/07/2026

Plus de 8 Français sur 10 pensent que l’assurance multirisque habitation risque de devenir inabordable avec la multiplication des sécheresses, inondations et autres événements climatiques. Le point sur ce qu’il en est vraiment.

 Difficile de continuer à parler «d’accidents climatiques» lorsque les épisodes de canicules, sécheresses, incendies, inondations et autres se succèdent à un rythme soutenu. Les Français semblent l’avoir compris et eux qui ont souvent eu la mémoire courte concernant ce genre de catastrophes comprennent progressivement que la multiplication de ces événements aura un impact inéluctable sur la hausse des coûts de l’assurance habitation. Selon le baromètre réalisé en juin dernier pour l’assureur en ligne L’olivier assurance, pas moins de 58% des Français se déclarent inquiets pour leur habitation face aux futurs événements climatiques. Ils sont même 81% à craindre que les assurances habitation deviennent inabordables en raison de la multiplication des catastrophes naturelles.
 
«On constate effectivement que les Français commencent à prendre conscience de l’impact financier du réchauffement climatique, souligne Marie Corbineau, directrice de l’habitation, chez L’olivier Assurance. Mais je suis étonnée par l’ampleur de cette préoccupation, d’autant qu’aujourd’hui absolument tout le monde reste assurable sur ce risque, le système reste très protecteur et aucune commune ni aucun bien ne sont exclus.» Elle précise par ailleurs que le budget assurance habitation reste globalement assez contenu par rapport à l’assurance auto. «Mais il est vrai que l’on ne se trouve pas dans le cas d’une assurance obligatoire, relativise-t-elle. Et en tant que tel, il n’existe pas de mécanisme garantissant à tous les Français de pouvoir être assuré.»

Doublement du coût

Pour l’instant, le régime des catastrophes naturelles est assez protecteur car il est complètement mutualisé. Un certain montant est prélevé sur toutes les assurances pour participer aux indemnisations et à la prévention. Et par ailleurs, les événements climatiques sont toujours couverts dans le cadre de la garantie dommage. Il n’en reste pas moins que l’avenir passera aussi par une individualisation croissante des primes d’assurances. Selon les chiffres de France assureurs, les événements climatiques coûtaient près de 2,7 milliards d’euros par an aux assureurs sur la période 1980-2009, alors que ce coût a bondi à 5,3 milliards d’euros annuels entre 2020 et 2025. Et cela ne semble pas près de s’arrêter et poussera les assureurs à différencier leurs assurés selon le niveau de risque.

«Pour préserver le système, le régime des catastrophes naturelles va être examiné tous les 5 ans afin de garantir sa soutenabilité, précise Marie Corbineau. Et il y a aussi un gros travail à effectuer sur la prévention avec notamment un gros travail d’évaluation en cours pour identifier les actions les plus efficaces.» Rappelons que pour fixer leurs primes, les assureurs prennent en compte l’historique des sinistres. Et ils intègrent aussi, bien évidemment, la localisation géographique du logement à assurer avec son exposition spécifique à ces risques mais aussi de la qualité structurelle du bâtiment et les éventuelles mesures de prévention prises par les propriétaires pour que leur bien soit le plus résilient possible face au risque climatique.

 

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