L’assurance habitation va-t-elle devenir hors de prix avec le réchauffement climatique ?
Plus de 8 Français sur 10 pensent que l’assurance multirisque habitation risque de devenir inabordable avec la multiplication des sécheresses, inondations et autres événements climatiques. Le point sur ce qu’il en est vraiment.
Doublement du coût
Pour l’instant, le régime des catastrophes naturelles est assez protecteur car il est complètement mutualisé. Un certain montant est prélevé sur toutes les assurances pour participer aux indemnisations et à la prévention. Et par ailleurs, les événements climatiques sont toujours couverts dans le cadre de la garantie dommage. Il n’en reste pas moins que l’avenir passera aussi par une individualisation croissante des primes d’assurances. Selon les chiffres de France assureurs, les événements climatiques coûtaient près de 2,7 milliards d’euros par an aux assureurs sur la période 1980-2009, alors que ce coût a bondi à 5,3 milliards d’euros annuels entre 2020 et 2025. Et cela ne semble pas près de s’arrêter et poussera les assureurs à différencier leurs assurés selon le niveau de risque.
«Pour préserver le système, le régime des catastrophes naturelles va être examiné tous les 5 ans afin de garantir sa soutenabilité, précise Marie Corbineau. Et il y a aussi un gros travail à effectuer sur la prévention avec notamment un gros travail d’évaluation en cours pour identifier les actions les plus efficaces.» Rappelons que pour fixer leurs primes, les assureurs prennent en compte l’historique des sinistres. Et ils intègrent aussi, bien évidemment, la localisation géographique du logement à assurer avec son exposition spécifique à ces risques mais aussi de la qualité structurelle du bâtiment et les éventuelles mesures de prévention prises par les propriétaires pour que leur bien soit le plus résilient possible face au risque climatique.