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Crédit immobilier : faut-il emprunter avant la prochaine hausse des taux ?

Publié le 01/06/2026

Dans un environnement marqué par l’incertitude économique et les tensions sur les taux, les banques françaises continuent d’accompagner les emprunteurs. Mais la prudence reste de mise alors que les marchés guettent les prochaines décisions de la BCE et l’évolution de l’inflation

Si juin rime traditionnellement avec beaux jours, cela n’est pas le cas dans le ciel du logement et des crédits immobiliers. Par chance, les vents sont forts et les nuages menaçants s’amoncellent aussi vite qu’ils se disloquent, sous les coups de butoir de quelques personnages politiques puissants dans ce bas-monde.

Les taux sont sous pression d’une économie internationale, une fois encore, très chahutée. On retient notre souffle jusqu’à la décision de la Banque Centrale Européenne le 11 juin prochain, qui devrait entériner un premier relèvement des taux directeurs de la zone Euro. Certains se prêtent même déjà à prédire le second relèvement en septembre. Périlleux ! Car si l’inflation fait sa réapparition, le climat économique n’en reste pas moins complexe. Relever les taux pour juguler de suite l’inflation signifierait un coup de frein sur l’investissement et la consommation. De la peste ou du choléra, lequel des maux on choisira…

En attendant, les banques françaises restent bien présentes, notamment sur le logement, avec une absorption des à-coups du marché.

Du coup, les taux, selon les durées, évoluent tous à la hausse mais avec beaucoup de modération. Les fourchettes restent, par contre, toujours larges, laissant aux banques la maîtrise des capacités de dérogation pour les dossiers les plus solides. Attention toutefois aux délais d’instruction, qui se sont allongés, avec les jours fériés de mai et, parfois, dans l’attente d’une évolution sur la politique interne de taux de chaque banque.

Pour notre baromètre, cela donne pour ce début du mois de juin :

  • Prêts relais : entre 3,70 et 4,50 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
  • Prêts sur 15 ans : entre 3,45 % et 3,90 %
  • Prêts sur 20 ans : entre 3,55 % et 4,00 %
  • Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,65 % et 4,10 %.

Dans ce type de circonstances, et compte tenu de la longueur des cycles d’instruction et de déblocage des crédits immobiliers, les banques vont sans doute poursuivre leur accompagnement des projets pendant encore quelques semaines. En effet, cela leur permet d’engranger des dossiers pour la période estivale, et ainsi confirmer un début d’année qui, sans être extraordinaire, s’est inscrit dans la continuité de 2025. Cela a permis de produire des statistiques de production sur avril qualifiées de très bonnes avec plus de 12 milliards d’euros.

Rappelons néanmoins qu’il s’agit là de crédits débloqués, donc initiés sur tout début 2026. Le printemps, de l’avis des professionnels du financement et de l’immobilier, fait montre d’une activité en demi-teinte, avec des projets toujours présents, mais un attentisme très marqué des acheteurs. Les taux vont-ils grimper ? Les prix vont-ils descendre ? Aurai-je des aides pour mes travaux de rénovation ?

Les conséquences se traduisent dans une multiplication du nombre de visites, mais pas du nombre de mandats, et du nombre d’abandons. Le côté rassurant, c’est l’intention toujours très présente.

Côté financement, les banques surveillent l’OAT 10 ans comme le lait sur le feu. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on a intérêt à ne pas le perdre des yeux. On est passé de 3,40 à 3,92, pour revenir vers 3, 65 % avent de connaître un nouvel accès de fièvre vers les 3,80, puis de redescendre vers les 3,55 % fin du mois. Cela signifie une nervosité maximale, donc davantage de difficulté pour les directions financières à avoir de la visibilité, et par conséquent une attitude prudente par précaution.

La suite de l’histoire, si le déclenchement des instruments de lutte contre l’inflation se généralise dans le monde, pourrait s’avérer peu réjouissante. D’où le soutien maintenu aux projets pour le moment.

Et comme, par ailleurs, on devrait entrer dans un cycle atone sur le plan politique dès la rentrée jusqu’aux élections présidentielles de 2027, les affaires risquent d’être moins faciles. Alors, c’est maintenant qu’il faut avancer…. Cela vaut pour les banques, comme pour les acteurs de la transaction immobilière et pour leurs clients.

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